Les membres de la communauté de Yefag kebele expliquent la manière dont elles utilisent une budgétisation sensible au genre à un groupe de responsables gouvernementaux nouvellement formés des différents districts d’Éthiopie. Photo : ONU Femmes/Kristin Ivarsson

Planification et budgétisation visant à réduire les disparités entre les sexes

Les progrès réalisés en matière d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes dépendent largement de l’adéquation des plans et des investissements octroyés. Les plans de développement, tant au niveau national que local, doivent adopter l’égalité des sexes en tant qu’objectif central soutenu par des mesures spécifiques pour le réaliser. Les financements doivent être suffisants pour mettre en œuvre les plans et, de manière plus générale, pour faire respecter les droits des femmes et des filles de bénéficier de services publics qui répondent pleinement à leurs besoins.

Avec l’assistance soutenue d’ONU Femmes, plusieurs dizaines de pays ont commencé à apporter des améliorations substantielles à leurs activités en matière de planification et de dépenses en faveur de l’égalité des sexes. Nous travaillons avec des fonctionnaires nationaux pour développer des outils techniques, comme des marqueurs de genre, et avec des militantes et militants en faveur des femmes pour maintenir l’attention sur les principales priorités des femmes. Nous promouvons une transparence accrue de manière à ce que les pays puissent contrôler si les fonds et les plans permettent ou non d’atteindre les objectifs poursuivis et pour que les femmes puissent rappeler aux gouvernements les engagements qu’ils prennent.

Maria Rosa Suquilanda sells her produce at the Agro Entrepreneurs Market in Cuenca, Ecuador. Photo: Courtesy of Agro Azuay
Mme Maria Rosa Suquilanda vend ses produits sur le marché des agro-entrepreneurs de Cuenca en Équateur. Les femmes ont bénéficié d’un espace plus vaste sur le marché après avoir été consultées au sujet de leurs priorités principales en matière de dépenses publiques. Photo: Courtesy of Agro Azuay

Suivi des dépenses pour l’égalité en Équateur

Mme María Rosa Suquilanda vivait autrefois dans une extrême pauvreté. Lorsqu’elle se rendait dans des lieux publics pour vendre ses produits, les autorités la repoussaient et détruisaient ses marchandises parce qu’elle ne disposait pas des permis appropriés. Mais ce temps est révolu. Aujourd’hui, en collaboration avec d’autres femmes comme elle, elle dirige le marché bien organisé des agro-entrepreneurs dans la ville de Cuenca, niché en altitude dans les montagnes du sud de l’Équateur. « Nous pouvons aller au marché, car le gouvernement provincial nous a attribué des espaces où vendre nos produits », déclare-t-elle, se tenant fièrement au milieu des piles de maïs, de haricots, de pois et de légumes frais.

Women performing local dance at UNSCR 15th Anniversary event in Northern Uganda, 2015. Photo: Claire Hawkins/UN Women
Des femmes exécutent une danse locale lors d’un événement marquant le 15e anniversaire de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU au Nord de l’Ouganda, 2015. Photo : Claire Hawkins/ONU Femmes

Exigence d’un budget sensible au genre

La budgétisation sensible au genre en Ouganda a beaucoup progressé grâce à la loi 2015 sur la gestion des finances publiques. Cette loi prévoit l’obtention obligatoire d’un Certificat d’égalité et d'équité de genre — que doit obtenir chaque instance gouvernementale aux niveaux national et des districts pour son budget annuel. Le certificat évalue si les budgets ont prêté ou non une attention adéquate à l’égalité des sexes, moyennant un ensemble de mesures de performance et de normes minimales. Les budgets qui ne satisfont pas aux exigences doivent être révisés afin d’obtenir le certificat et être approuvés par le ministère des Finances, de la Planification et du Développement économique. Parmi les avantages qu’il offre, le certificat permet aux législateurs de demander systématiquement des comptes aux instances gouvernementales concernant leurs performances en matière de soutien à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes.

 

31

pays ont augmenté les allocations budgétaires pour la réalisation de leurs engagements en faveur de l’égalité des sexes

Près de

15,000

fonctionnaires gouvernementaux ont été formés sur l’intégration de l’égalité des sexes et sur les questions de genre

Indonesian volunteers light candles during World AIDS Day in Jakarta. Photo: Adek Berry/AFP/Getty Images
Des bénévoles indonésiens allument des bougies lors de la Journée mondiale de la lutte contre le sida à Jakarta. Photo : Adek Berry/AFP/Getty Images

Incorporation des droits des femmes dans les stratégies de lutte contre le VIH/Sida

En Indonésie, ONU Femmes a appuyé l’examen de la stratégie nationale de lutte contre le VIH/Sida pour renforcer l’incorporation des droits des femmes. Notre assistance comprenait la formation d’un Forum sur l’égalité des sexes rassemblant divers groupes : des femmes vivant avec le VIH, des femmes consommatrices de drogues injectables, des travailleuses du sexe, des transgenres et des hommes homosexuels. 

Nous saluons le travail d’ONU Femmes dans notre région. Les femmes de la région du Pacifique continuent à faire face à des niveaux inacceptables de violence, à des taux faibles de représentation politique et à des obstacles limitant leur participation économique. Les efforts (…) d’ONU Femmes au niveau normatif et des programmes font une réelle différence dans la vie des femmes ».

Déclaration d’Australie, Session annuelle du Conseil d’administration d’ONU Femmes, 30 juin 2015
In Ramallah, 8 March 2015, celebrations of International Women’s Day included dance performances among other events. Photo: UN Women/Cindy Thai Thien Nghia
À Ramallah, le 8 mars 2015, des spectacles de danse ont figuré parmi les célébrations de la Journée internationale de la femme. Photo : ONU Femmes/Cindy Thai Thien Nghia

Suivi de l’aide internationale au développement

L’intégration de l’égalité des sexes dans le plan national de développement de l’État de Palestine a permis au premier marqueur national de mener un suivi du degré de sensibilité aux questions de genre de l’aide internationale au développement. Aujourd’hui, le gouvernement peut mesurer précisément la part de l’aide consacrée aux interventions liées aux questions de genre et à quelles activités.

Equal Half: Gender Responsive Budgeting and Planning in India

Pelin Aslantaş, 43, is the only female bus driver in the city of Edirne, Turkey. Photo: UN Women Gizem Yarbil

Photo: ONU Femmes/Gizem Yarbil

SDG 8: Decent work and economic growth SDG 11: Sustainable cities and communities Pelin Aslantaş, 43 ans, est la seule conductrice de bus de la ville d’Edirne, au nord-ouest de la Turquie, où ONU Femmes a dispensé une formation à la budgétisation basée sur l’analyse du genre aux agentes et agents de la municipalité, de sorte que lorsque les budgets sont planifiés, ils prennent en compte les besoins de toutes et tous, hommes comme femmes. Son travail s’inscrit dans le cadre des nouveaux objectifs de développement durable. L’ODD n° 8 promeut une croissance économique durable, continue et inclusive, des emplois productifs et des conditions de travail décentes pour tous ; l’ODD n° 11 vise à rendre les villes inclusives, sûres, résilientes et durables, notamment en développant les réseaux de transport public et en prêtant une attention particulière aux besoins des femmes.

Pelin Aslantaş: « Je suis la seule femme conductrice de bus de la ville, parmi 202 collègues masculins.

« Je suis la seule femme conductrice de bus de la ville, parmi 202 collègues masculins. J’ai toujours voulu conduire de gros engins. J’ai appris à conduire quand j’avais 10 ans avec le 4x4 de mon père, mais c’est ma mère qui m’a donné des leçons.

Un jour, mon fils est tombé sur un appel à candidatures pour des conductrices de bus sur le site Internet de la municipalité. J’étais très intéressée, mais j’ai dû obtenir un permis spécial pour les transports publics, qui est dix fois plus difficile que le permis de conduire classique. Au début, mes collègues masculins étaient surpris en me voyant. Entre eux, ils disaient que j’allais avoir un accident ou démissionner très rapidement. Après quelque temps, ils se sont rendu compte que je suis une très bonne conductrice.

C’est un travail très difficile. Les rotations sont très longues et nous n’avons qu’un seul jour de repos. Pour mes collègues masculins, la journée de travail s’arrête là et ils peuvent se reposer en rentrant chez eux. Moi quand j’arrive à la maison, je me lave les mains et vais directement à la cuisine. J’ai l’impression que conduire un bus est plus reposant.

J’aime ce que je fais, sinon je ne pourrais pas faire ce travail. Ma seule règle dans la vie c’est de continuer ce que j’ai commencé. Je ne baisse pas les bras, et je continuerai à faire ce travail aussi longtemps que je peux ».