La ville de Quezon aux Philippines fait partie des 23 municipalités du monde où ONU Femmes collabore avec les gouvernements locaux pour assurer la sécurité dans les lieux publics. Ce travail porte notamment sur la prévention du harcèlement sexuel dans les transports publics. Photo: AECID/Miguel Lizana

Mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles

Ending violence against women icon

Dans le monde, la violence à l’égard des femmes et des filles les prive de leurs droits et les plonge dans un cycle infernal de traumatismes, de blessures et de mort, tout en réduisant à néant leurs possibilités d’accomplissement personnel par le travail ou l’éducation. Une femme sur trois est victime d'actes de violence physique et/ou sexuelle au cours sa vie.

ONU Femmes assiste les pays dans l’élaboration de lois et de politiques effectivement mises en œuvre et dans la mise en place de services intégrés répondant aux besoins des victimes en matière de soins de santé, d’assistance juridique, de conseils psychologiques et de soutien socioéconomique.

De nombreux pays accomplissent des progrès rapides en matière d’adoption de lois, d’élaboration de politiques et de mise en place de services, ce qui permet à ONU Femmes d’accorder une attention de plus en plus soutenue à la prévention de la violence. Nos programmes permettent d’identifier les comportements, les attitudes et les normes discriminatoires qui promeuvent la violence, et visent à encourager de nouvelles façons de penser et de se comporter parmi les populations, quels que soient leurs horizons — personnalités politiques, hommes journalistes, leaders religieux, champions sportifs et beaucoup d’autres.

Maintien de la sécurité dans les villes

Dans un quartier pauvre de la ville de Quezon aux Philippines, Teresita accompagne sa fille de 26 ans au support pour tricycle local en se rendant au travail tous les matins, et elle la retrouve tous les soirs pour la raccompagner à la maison. Ici, le risque de harcèlement sexuel dans les rues est très réel — les hommes tripotent même les femmes et les filles quand ils les volent.

26

pays, comptant un total de plus d’un milliard de femmes et de filles, ont renforcé leur législation pour éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes

26

pays, comptant au total plus de 466 millions de femmes et de filles, ont adopté des plans ou des stratégies d’action nationaux dans ce domaine

La lutte contre la traite des êtres humains

Du fait du manque de possibilités économiques dans les zones rurales d’Albanie, les femmes et les filles sont extrêmement vulnérables au trafic de personnes qui alimente l’industrie du sexe. ONU Femmes a travaillé avec des groupes de la société civile, le gouvernement et les médias pour stopper ces crimes et assister les victimes. Une campagne nationale a permis de sensibiliser le public, notamment par le biais d’une vidéo percutante sur la lutte contre la traite des personnes qui a été diffusée sur une chaîne de télévision nationale. Un Forum consultatif des médias qui compte 30 membres appuie la réalisation de reportages professionnels et éthiques parmi les journalistes en leur fournissant des informations et des formations et en relevant les inexactitudes qui se seraient éventuellement glissées dans les reportages.

Pour répondre au manque de données fiables sur la prévalence de la violence basée sur le genre dans la région Amérique latine et Caraïbes, CARICOM œuvre avec ONU Femmes pour développer un modèle régional d’études nationales sur la prévalence visant à éclairer les politiques et les programmes sur une réponse à la violence basée sur le genre et à la prévention. »

Déclaration de Caricom, Discussion générale de la CSW60, 15 mars 2016
Women at an ASEAN conference. In 2015, ASEAN adopted the first regional action plan on ending violence against women. Photo: UN Women

Des femmes à une conférence de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE). En 2015, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est a adopté le premier plan d’action régional visant à éliminer la violence à l’égard des femmes. Photo : ONU Femmes

Cadres d’action

S’appuyant sur l’engagement à éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles, inscrit dans le programme de développement durable, ONU Femmes a mené une initiative conjointe avec six autres entités des Nations Unies pour créer le cadre soutenant l'action visant à prévenir la violence contre les femmes. L’initiative recense les pratiques factuelles et émergentes utilisées pour prévenir la violence en tenant particulièrement compte des causes profondes, des risques et des facteurs de protection. Une enveloppe globale de services essentiels — élaborée conjointement par ONU Femmes et quatre autres entités des Nations Unies et s’appuyant sur les compétences d’expertes et experts internationaux éminents dans le domaine de la santé, les systèmes de police et judiciaires et les services sociaux ‑ est actuellement soumise à des essais sur le terrain dans 10 pays.

What if we switched roles: a social experiment

Desirée Akpa Akpro Loyou. Photo: WAGGGS

Photo : WAGGGS

SDG 5: Gender equalitySDG 4: Quality education Désirée Akpa Akpro Loyou, 37 ans, est assistante sociale et Commissaire générale adjointe chargé de la formation pour l’Association mondiale des Guides et des Éclaireuses (AMGE) en Côte d’Ivoire. Elle a participé à une formation régionale au Togo en janvier, organisée par ONU Femmes et l’AMGE, pour enseigner les Guides à offrir le curriculum d’études non-formel Voix contre la violence. Son travail a trait aux nouveaux Objectifs de développement durable. L’Objectif 4 cherche à assurer l’accès de toutes et tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, incluant avec l’éducation en faveur du développement, des droits humains, et de l’égalité des sexes ; et l’Objectif 5 a parmi ses cibles d’éliminer de la vie publique et de la vie privée toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles.

Desirée Akpa Akpro Loyou: « Quand on fait de la sensibilisation dans les écoles, on voit moins de violences. »

« J’ai été abusée deux fois. La première fois j’étais en primaire et j’avais 8 ou 9 ans, et mon enseignant a essayé de m’attoucher. Après cela, je me suis renfermée sur moi-même et je me suis méfiée de tous les hommes et garçons. Bien sûr que la violence peut empêcher les filles de poursuivre leurs études, surtout si de tels actes sont commis par leur tuteur ou enseignant. Ceci va avoir un impact sur leurs résultats scolaires.

J’avais 21 ans quand je suis devenue Guide Éclaireuse. J’étais très timide et très renfermée, mais en tant que Guide on nous a appris à faire des choses qu’on n’arrivait pas à faire seules. Aujourd’hui je suis assistante sociale pour le gouvernement et je suis la Commissaire adjointe à la formation pour les Guides Éclaireuses, qui dépend du ministère de la Jeunesse. Je mène des campagnes de sensibilisation dans le milieu scolaire et organise des formations auprès des actrices et acteurs clés dans la lutte contre la violence basée sur le genre. L’éducation joue un rôle primordial.

Quand je prends la parole devant 400 élèves, et que je suis sur le podium, et quand je parle de la violence dans les écoles, les facteurs de risque, je fais part des expériences auxquelles j’ai survécu. Quand on fait de la sensibilisation dans les écoles, on voit moins de violences. Quand on parle avec les élèves, on ressort plusieurs cas d’abus, surtout parmi les filles. Et de tels actes sont souvent commis par des enseignants chargés de l’éducation de ces filles. L’histoire de ma vie, ça arrive à captiver. Je veux atteindre les filles et leur dire de parler et de ne pas se taire ».