Au Maroc, ONU Femmes aide les femmes à faire face aux effets du changement climatique qui menacent leurs moyens de subsistance. Nous soutenons les groupes d’intérêt économique comme l’Association Annama, dont les membres cultivent des plantes médicinales et aromatiques à Errachidia. Photo : UN Women Morocco

L’instauration de l’autonomisation des femmes pour stimuler les économies

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Les femmes apportent leurs contributions aux économies, depuis l'économie locale à l’économie mondiale, qui représentent plusieurs milliers de milliards de dollars. Malgré cela, la surreprésentation des femmes occupant des emplois mal rémunérés et vulnérables dans l’ensemble des régions persiste. Au rythme actuel, il faudra encore 70 ans pour combler l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes. Par ailleurs, les femmes disposent de possibilités d’autant plus limitées qu’elles assument le plus gros des tâches familiales non rémunérées.

Grâce à l’autonomisation économique, les femmes peuvent surmonter ces obstacles. ONU Femmes s’attache particulièrement à atteindre et soutenir les femmes les plus pauvres et les plus marginalisées — dont beaucoup sont de plus en plus confrontées à l’émergence de difficultés comme le changement climatique et la migration. Nous soutenons les lois et les politiques qui améliorent les possibilités économiques des femmes et qui promeuvent un accès équitable aux services renforçant leurs moyens de subsistance, comme l’eau, l’énergie, le transport et les technologies vertes. Pour définir le cadre approprié permettant d'avancer, ONU Femmes appelle à la formulation de politiques économiques et de stratégies d’élimination de la pauvreté qui font de l’égalité des sexes un objectif central.

Adaptation aux changements climatiques

Les déserts déjà arides du Maroc sont soumis à la pression croissante des changements climatiques. Pour les femmes qui vivent dans les oasis de la province du sud-est d’Errachidia, la désertification compromet sérieusement leurs perspectives en matière de revenus. ONU Femmes aide ces femmes à trouver des recours leur permettant de faire face à ce risque qui pèse sur leurs moyens de subsistance. Beaucoup cultivent aujourd’hui des plantes médicinales et aromatiques qui nécessitent peu d’eau et qui non seulement peuvent survivre dans des conditions de plus en plus difficiles mais aussi rapporter un profit supérieur aux cultures plus traditionnelles. Une adaptation de cette nature permet également d’entretenir les oasis et d’assurer leur résistance à l'aridité du désert.

A drawing made by a participant in a training course on women's and migrants' rights, held in Chiapas, Mexico, as part of a UN Women programme on migration. Photo: Rodrigo Barraza
: Un dessin réalisé par l’une des participantes à une formation sur les droits des femmes et des personnes migrantes, à Chiapas au Mexique dans le cadre d’un programme d’ONU Femmes sur la migration. Photo : Rodrigo Barraza

Soutien du droit à une migration sans danger

Au Mexique, malgré l’important flux de personnes migrantes vers le nord, nombreux sont les migrantes et migrants qui arrivent également par sa frontière méridionale, fuyant généralement la rigueur et les conflits des régions d’Amérique centrale. Plus de la moitié de ces migrants sont des femmes et, bien qu’elles soient venues chercher la sécurité, souvent elles se retrouvent au contraire dans des situations dangereuses, comme face à des trafiquants du sexe ou dans des emplois à hauts risques et marginaux. ONU Femmes dirige une initiative majeure visant à sensibiliser le public à la cause de ces femmes. Nous militons pour une migration sans danger qui tient totalement compte des droits humains des femmes.

Nous remercions vivement ONU Femmes pour les efforts qu’elle a déployés : les programmes [en Égypte] fonctionnent très bien, sont très pertinents et très ef caces, et sont placés sous le contrôle du pays qui les assume pleinement. (...) »

Déclaration de l’Égypte, Session annuelle du Conseil d’administration d’ONU Femmes, 30 juin 2015
Arab Parliamentarians and Members of the European Parliament at a conference on the EU-UN Women Spring Forward for Women programme. Brussels 2015. Photo: UN Women/Emad Karim

Des parlementaires arabes et des membres de l’Union européenne lors d’une conférence sur le programme Un bon en avant pour les femmes UE-ONU Femmes. Bruxelles 2015. Photo : ONU Femmes/Emad Karim

Libération de l’esprit d’entrepreneuriat

Dans les États arabes, ONU Femmes, l’Union européenne et la Ligue des États arabes ont lancé « Khadija », un réseau régional d’institutions du secteur public, du secteur privé et du secteur social. Les membres du réseau s’efforcent d’inciter les responsables politiques nationaux dans leurs pays et institutions respectifs à améliorer les environnements de travail pour les femmes, à les protéger des emplois vulnérables et à étendre leur participation dans les postes de leadership. Le réseau a été créé dans le cadre du programme régional « Un bon en avant pour les femmes », organisé par ONU Femmes en collaboration avec l’Union européenne.

Group photo at the launch of Women 20 (W20) in Ankara, Turkey, September 2015. Photo: Anadolu Agency/Aykut Ünlüpınar
Photo : Anadolu Agency / Aykut Ünlüpınar.

Promotion d’un accord entre les grandes économies

Les pays du G20, qui représentent les plus grandes économies du monde, ont intensifié leur engagement en faveur de l’autonomisation économique des femmes en 2015 par la création du groupe « Women 20 » (W20). Sous la direction de la Turquie et avec le soutien d’ONU Femmes, le groupe compte des représentantes et représentants haut placés de chaque pays. Ensemble, ils s’apprêtent à influer sur les décisions qui favorisent une croissance économique plus inclusive et l’autonomisation de millions de femmes dans le monde. Les objectifs poursuivis visent à réduire les disparités entre les sexes sur le lieu de travail et à alléger le fardeau des tâches familiales non rémunérées.

Khateeja Mallah (Durdana).

Photo : ONU Femmes / Faria Salman

SDG 1: No povertySDG 2: Zero hunger Khateeja Mallah (Durdana) est une veuve de 31 ans du district de Dadu, situé dans la province du Sind au Pakistan. Elle fait partie des 1 214 agricultrices sans terres qui ont bénéficié de droits de fermage grâce à un programme actuellement mis en œuvre par ONU Femmes, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation internationale du Travail (OIT). Par le biais de contrats de fermage, les hommes propriétaires féodaux et tribaux louent leurs terres aux agricultrices pour une période convenue, leur permettant ainsi d’accéder aux terres, de disposer d’un lieu de vie, et d’avoir la possibilité de diriger des exploitations agricoles et de percevoir une part des profits sur les cultures qui y sont cultivées. Ces efforts reflètent l’0bjectif de développement durable n° 1, qui porte sur l’élimination de la pauvreté et comprend des cibles relatives à la propriété et au contrôle des terres, ainsi que l’Objectif de développement durable no. 2, qui porte sur l’agriculture durable et prévoit un accès sûr et équitable à la terre.

Khateeja Mallah : « Cette terre qui s’étend à perte de vue m’appartient — c’est ce que dit ce document. »

« Tout ce que je connais, c’est l’agriculture, ma seule source de revenus. J’ai commencé à travailler dans les champs avec mon père quand j’avais 10 ans, et ensuite avec mon mari, avec qui j’ai été mariée à l’âge de 13 ans. Je suis veuve depuis près de trois ans, et je dois subvenir aux besoins de mes huit enfants — sept filles et un fils. Je ne possédais pas de terres, et je n’avais aucun droit sur les cultures et sur les terres où je travaillais.

C’est un travail très difficile, particulièrement avec le climat dur que nous endurons en été. Du fait de ma condition de femme, il y a beaucoup de choses que je n’aimais pas, par exemple, négocier mes droits au travail ou supporter les paroles acerbes des propriétaires fonciers. Parfois, je me sens frustrée de la vie que je mène, mais je regarde mes enfants et je décide de surmonter ma détresse et de me montrer forte — je dois faire face à toutes les situations, bonnes ou mauvaises, pour préparer mes enfants à un avenir meilleur.

Pour moi, accéder légalement à des terres, disposer d’un lieu de vie et percevoir une part des récoltes que je plante et que je récolte était inimaginable. [Jusqu’au jour où] j’ai découvert mes droits et les avantages des contrats de fermage et de propriété foncière grâce aux formations [d’ONU Femmes]. Ces sessions m’ont permis de prendre conscience de la valeur de mes connaissances et de mon expérience dans l’agriculture et, qui plus est, de mes droits.

Aujourd’hui, pour la première fois, je peux dire que quelque chose m’appartient. Cette terre qui s’étend à perte de vue m’appartient — c’est ce que dit ce document. C’est ma terre et j’en suis la reine ! J’ai hâte de récolter les fruits de mes années de dur labeur — et de voir le jour où mes enfants seront plus grands et pourront bien gagner leur vie. Alors je pourrai faire une pause et reprendre mon souffle, et commencer à profiter de la vie ».